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Un réveil pas comme les autres

© Alexis COURCOUX #RDR2018

Ça y est, il est parti ! Pendant qu'à terre, Saint Malo vide ses rues et quitte ses habits festifs, la mer, elle, s'est couverte d'une flotte de 123 skippers aussi impatients qu'ambitieux.

Dimanche, à 14h02, les 6 catégories de bateaux se sont empressées de quitter la Pointe du Grouin pour lancer leur aventure et écrire leur histoire.

Arthur Gascoin est l'un d'eux.

Photo prise le matin du départ par Edouard Aguettant de Gyro Productions

La première nuit : une "nuit noire" selon Kito de Pavant (Made in Midi) :
"Ce n'était pas facile de trouver la bonne config de voiles et de se mettre dans la course après tout ce temps resté à terre. Il faut reprendre ses automatismes. Il fait froid et très humide sur le bateau, la nuit est noire, seuls les feux de route des bateaux sont visibles. Je n'ai pas pu dormir, le trafic est dense avec tous ces Class40. Je vais essayer de me reposer aujourd'hui avant la baston de mardi." (source : site officiel de la course)

Le mot de notre skipper

Envoyé dans l'après-midi du lundi 5 novembre

Hello à tous,
Le départ a été un grand moment d'émotion. Merci aux malouins pour leur accueil, aux visiteurs pour leur attention et pour leur passion, merci à l'orga.
J'ai passé une nuit en deux partie très lente contre courant puis plus rapide vers le petit matin. Depuis, très peu de vent (7-8nds) avec une houle assez courte. Résultat on n'avance pas ! J'ai retrouvé mon pote Dominique sur Gheo avec qui nous avions fait une bonne partie de la DHREAM Cup. ll n'est pas loin, on voudrait faire de l'ouest mais le peu de vent et la houle nous oblige à faire plus du Sud-Ouest. On attend le vent ce soir.
J'ai été réveillé par des sortes de chouinements. J'ai même démonté la cloison avant en pensant que c'était un oiseau ! Et en sortant, une dizaine de dauphins étaient là, magique !
Au moment où je les filmais un avion militaire (enfin j'espère parce que le plafond est bas !) a tiré deux coups de canon. Un peu flippant.
La nuit risque d'être plus chaotique que la dernière, on se préparera bien !

A très vite ! Au taquet !

Le point sur les autres participants

© Alexis COURCOUX #RDR2018
Les 6 géants des mers de la catégorie Ultime (60 pieds et plus) n'ont mis que quelques minutes à prendre la tête du classement.

Sur la ligne de départ, cela n'a pas fait un pli, les Ultimes se sont envolés et ont rapidement pris les commandes. Dans cet affrontement de titans, c'est François Gabart (Macif) qui a porté la première estocade en déposant Armel Le Cléac'h (Banque Populaire).

Ce dernier a d’ailleurs du s’arrêter 35 minutes à Roscoff pour "une réparation mineure du système d'énergie" (de 19h15 à 19h50 dimanche, ndlr). Un stop express donc, qui permet à Gabart de garder la tête.

De son côté, Sébastien Josse (Edmond de Rothschild) a d'abord foncé (38 nœuds de moyenne par moment) et même pris la tête avant de subir une "avarie majeure" (perte d'une partie de l'étrave de son flotteur tribord). Pareil pour Thomas Coville sur Sodebo, dont le carénage de bras avant est cassé. Ils sont tous deux contraints d'abandonner la course et ont rejoint la Corogne en Espagne, où leurs équipes techniques les attendent.
C'est donc au tour de Francis Joyon sur IDEC Sport de talonner de près François Gabart, tandis qu'Armel Le Cléac'h est derrière eux.

Dans la catégorie Imoca, la journée d'hier et la nuit d'aujourd'hui ont fait quelques dégâts. L'avarie de barre de Jérémie Beyou à bord de Charal et le démâtage du bateau Monin (la franco-allemande Isabelle Joschke à son bord) ont marqué ce début mouvementé de la Route du Rhum - destination Guadeloupe 2018. Empêché de diriger son bateau, Jérémie Beyou a fait son possible pour mettre le cap sur la Bretagne. Un remorqueur accompagné de son équipe technique l'a retrouvé dans la nuit pour l'aider à rentrer. Ils devraient arriver cette nuit à Lorient. Difficile de savoir s'il pourra reprendre la course... Romain Attanasio (Pure-Famille Mary) a également choisi de rentrer en Bretagne en raison de nombreux dégâts sur ses voiles provoqués par la météo de la nuit passée. Il ne sait pas encore s'il pourra repartir.

Du côté des Class 40, le bateau Narcos a démâté la nuit dernière, contraignant son skipper Sam Goodchild à mettre également le cap sur la Bretagne. Plusieurs choisissent l'option de rentrer dans un port se mettre à l'abri le temps du passage de la dépression. Ce n'est pas le cas de notre Arthur international qui poursuit son aventure, occupant désormais la 38ème place du classement des class 40.

Selon le directeur de la course Jacques Caraës, au total, 36 bateaux (toutes catégories confondues) sont en route pour se mettre à l'abri. La question est de savoir quand comptent-ils repartir...

BREAKING NEWS : nous apprenons à l'instant que le Maxi Trimaran Banque Populaire d'Armel Le Cléac'h a chaviré aux alentours de 12h alors qu'il naviguait au Nord-Est des Açores... Armel est sain et sauf. 

Ci-dessus, la position d'Arthur ainsi que celles de Francis Joyon sur IDEC Sport et de François Gabart sur Macif (en bleu).
Ci-dessous, Macif qui se dirige vers la ligne de départ le dimanche 4 novembre.

Bulletin météo du jour

La météo d'aujourd'hui (mardi 6 novembre) s'annonce musclée. Le vent du Sud-Ouest a forci cette nuit puis a basculé à l'Ouest, créant une mer très désordonnée. De nombreux solitaires ont de fait choisi le repli vers les ports bretons ou espagnols le temps du passage de la dépression dans le golfe de Gascogne. C'est notamment le cas de Loïck Perron (catégorie Rhum Multi) à bord de son petit trimaran Happy qui joue la carte de la prudence en ralliant la côte nord de l'Espagne.
A l'abord du golfe de Gascogne, les Class 40 sont secoués par un vent qui oscille entre 35 et 40 noeuds en rafales. La mer est particulièrement agitée avec une houle du nord-ouest et des vagues de sud-ouest.

Les intervenants du jour

Frédéric Mouffle, directeur général associé de la société Ker-Meur :

"J'ai vraiment eu le sentiment que les conditions étaient réunies pour vivre le départ de cette 40ème édition de la Route du Rhum-Destination Guadeloupe. L'ambiance était folle, le soleil rayonnait. Le départ que nous avons vécu dimanche est difficile à raconter. Il faut le vivre pour exprimer l'excitation qui régnait.

Ayant suivi la préparation d'Arthur ces derniers mois, nous sommes extrêmement confiants sur le fait qu'il atteigne Pointe-à-Pitre dans les délais qu'il s'est fixé.

Au taquet Arthur !"

Portez-vous bien et soyez UP