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L'aventure c'est l'aventure

La route du Rhum - Destination Guadeloupe 2018 est particulièrement difficile cette année. De manière générale, les courses au large peuvent s'avérer ingrates, injustes et entraînent parfois une déception intense.

Certains disparaissent en mer, d'autres cassent leur bateau de façon soudaine quelques heures après le départ ou avant l'arrivée, d'autres encore perdent leur place de vainqueur à quelques minutes de l'arrivée alors qu'ils ont mené le jeu pendant une semaine, bref, la course au large est une activité incertaine. En proie aux conditions météorologiques musclées et à la technologie complexe des bateaux de course, les skippers ne sont jamais certains de ressortir triomphants du pari qu'ils se lancent. Une chose est sûre : la course au large est un bel apprentissage de la vie.

Le mot de notre skipper

© Gyro Productions #RDR2018

Envoyé dans l'après-midi du dimanche 11 novembre :

"Bonjour à tous,

Après 5 jours de réflexion intense, je prends la décision de ne pas repartir. Cette aventure magnifique que j’ai vécu avec vous ne doit pas être entachée par ce choix difficile et mûrement raisonné. Cette année, j’ai énormément appris et grandi en tant qu’homme et cela grâce à vous et à votre confiance. Ce n’est pas l’histoire que j’imaginais raconter mais c’est la mienne, la nôtre et je pense qu’elle est aussi belle comme ça. Je tiens à vous remercier encore une fois pour votre soutien sans faille et pour ce chemin parcouru ensemble que je ne manquerai pas de poursuivre au taquet".

Arthur

Arthur sera de retour à Paris dans la semaine. Il vous en dira plus concernant sa décision. Mais l'on sait déjà les principales raisons qui l'ont poussé à prendre cette décision : une météo à venir complexe qui oblige une course longue, avec un décalage important avec le reste de la flotte... Arthur voulait finir dans les temps. Repartir impliquait de prendre le risque de devoir faire une nouvelle escale en raison de la météo et d'arriver après la date de fermeture de la course.
Courage Arthur !


Le Point sur la Course


Le duel Gabart/Joyon a pris une tournure surprenante !

© Alexis Courcoux #RDR2018

Beaucoup de suspens hier avant l'arrivée du grand vainqueur de la catégorie Ultime, ces formules 1 des océans !

Tout le monde s'attendait à une victoire de François Gabart sur son maxi-trimaran Macif. En tête de la flotte depuis quasiment le début de la course mais talonné de près par Francis Joyon (IDEC Sport), François Gabart était sur le point d'agrandir son palmarès de marin aguerri et hors norme. Rappelons qu'il est le vainqueur du Vendée-Globe en 2013 et de la Route du Rhum 2014 dans la catégorie Imoca. En 2017, il s'impose dans le monde de la course au large en battant le record du tour du monde en solitaire sur son trimaran Macif : 42 jours, 16 heures et 40 minutes.

Mais après plusieurs heures de combat acharné autour de la Guadeloupe (il leur a fallu 6 heures pour contourner la Guadeloupe), c'est Francis Joyon, combattif jusqu'à la dernière minute, qui franchit la ligne d'arrivée en premier. 7 minutes et 8 secondes plus tard, Gabart franchit la ligne à son tour et prend la 2ème place du podium. Bravo à ces deux skippers !

Le combat a été rude pour nos deux marins. Les difficultés furent nombreuses, les heures de sommeil rares... Ils ont tous les deux fait preuve d'un mental solide et d'une détermination hors norme.

Notons que le bateau de François Gabart était amputé de parties déterminantes à sa performance : un safran et un foil (ces immenses moustaches en carbone qui permettent au bateau de voler lorsqu'il se repose dessus).

Francis Joyon : "La victoire a la saveur du Rhum de Guadeloupe et c’est vrai qu’après toutes mes participations, je la savoure d’autant plus !  C’était une course extraordinaire !".

François Gabart : "Quand il me vire devant, je me dis c’est mort et puis en fait je reviens je reviens je reviens puis je me dis ‘on va se finir tous les deux sur la ligne à une longueur de bateau…’ Et voilà c’est comme ça que ça se termine, mais ce n’est qu’un détail. C’est un détail important car il arrive à la fin de la course, mais ce n’est qu’un petit moment par rapport à une course qui a duré un petit peu plus d’une semaine ". 


Où en est le reste de la flotte ?

Ce lundi 12 novembre, ils sont actuellement 99 sur le plan d'eau en route vers la Guadeloupe, après le nouveau départ des solitaires en escale dans les ports bretons ou hispaniques. On ne compte pour l'instant que 13 abandons officiels. S'ajoutent à cela les abandons officieux : ceux qui ne sont plus aptes à prendre le large en raison des avaries majeures qu'ont subi leurs bateaux.

Du côté des Ultimes encore en course, Thomas Coville (Sodebo) et Romain Pilliard (Remade) sont repartis après leur escale technique en Espagne.

Nos chers Class 40 sont de retour dans la bataille ! Ils sont quasiment tous repartis en mer à l'exception de 5 d'entre-eux ayant signalé leur abandon pour diverses raisons et 3 d'entre-eux en escale. On apprend également la nouvelle d'un nouveau démâtage : V&B, le bateau de Maxime Sorel.

En Imoca, Alex Thomson (Hugo Boss) est de nouveau en tête et se rapproche dangereusement de l'arrivée, suivi de près par Paul Meilhat (SMA), Vincent Riou (PRB), Yann Eliès (UCAR-Saint-Michel) et Boris Herrmann (Malizia 2). Tous les imocas en course et repartis après leur escale ont dépassé le détroit de Gibraltar et mettent le cap sur la Guadeloupe.

Pour la catégorie Rhum, c'est Sidney Gavignet à bord de Café Joyeux qui mène la marche en monocoque et Pierre Antoine à bord d'Olmix en trimaran. Ils se situent tous deux au large des Canaries.

C'est toujours Armel Tripon à bord de Réauté Chocolat qui mène la marche en Multi 50. Il est d'ailleurs actuellement le skipper le plus proche de la ligne d'arrivée, devant même Alex Thomson sur Hugo Boss. Allez Armel ! 


La bad news

Jean Galfione revient sur son abandon

Egalement en Class 40, Jean Galfione (Serenis Consulting) a pris aujourd'hui la décision d'arrêter la course. Il s'était abrité à Brest depuis une semaine.

"La décision a été difficile à prendre. C'est évidemment une grosse déception après trois années d'investissement et de travail durant lesquelles j'avais bien progressé et bien fait évoluer le bateauJe mesure le poids de mon choix et je l'assume même si, quelque part, j'ai un peu le sentiment que la météo m'a volé ma course. Ça avait déjà été dur de prendre la décision de s'abriter à Brest et d'accepter ses limites, mais je ne regrette en aucun cas d'avoir fait le choix de faire escale le temps de laisser passer les différents coups de tabac qui ont sévi dans le golfe de Gascogne la semaine dernière. Bien sûr, il y avait la possibilité de repartir ce dimanche, avec un créneau météo offrant des conditions de sécurité raisonnables, mais reprendre la route de la Guadeloupe une semaine après le départ, c'était clairement repartir en convoyage. Chacun a ses objectifs. Pour beaucoup, le but est simplement d'arriver à Pointe-à-Pitre. En ce qui me concerne, je l'ai déjà fait il y a quatre ans. Il n'est donc pas question d'égo, surtout avec mon histoire passée (l'ancien perchiste fait référence à sa participation aux Jeux Olympiques de Sydney en 2000)".


Bulletin météo du jour

"Si le flux de nord-ouest modéré entre les Açores et le Portugal va permettre aux bateaux situés dans cette zone de glisser vers le sud, pour ceux au large de Gascogne la navigation s’avère plus délicate au près dans un vent de sud de 15 puis 20 nœuds avec des rafales jusqu’à 30 nœuds sous les grains..le tout dans une mer forte avec des vagues d’un peu plus de 4m."

Pascal Scaviner, METEO CONSULT

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© Gyro Productions #RDR2018
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